3.1/ Comment souscrire un contrat d’assurance vie

 

3.1.1/ Choisir les supports d’investissement

 

 

La première étape pour un gestionnaire de patrimoine est de vérifier les connaissances financières et juridiques de son client. Il doit également analyser sa situation financière : ses revenus, ses actifs y compris les biens immobiliers.

 

Il faut choisir le support en fonction des objectifs d’investissement du client. Il est donc nécessaire de prendre en compte la durée de placement souhaitée et le profil du client notamment son aversion au risque.

 

 

Plusieurs étapes se succèdent :

 

-       Il faut tout d’abord déterminer les besoins du client :

 

ALLOCATION  STRATEGIQUE

 

s Est-ce qu’il a besoin d’une épargne liquide ? Le gestionnaire doit établir un bilan actif/passif pour déterminer le besoin de liquidité. Il faut regarder la répartition du patrimoine (% immobilier d’usage, % immobilier de rapport, % liquidités, % assurance vie) En contrepartie, il faut examiner le passif du client (crédits en cours ou futurs, donations éventuellement prévues, loyers).

 

s Est-ce qu’il est envisageable de répartir l’investissement entre fonds euros et unités de compte ? Ici tout dépend de l’aversion au risque du client. Plusieurs choix sont possibles. (80% sécuritaire / 20% unités de compte, 60% sécuritaire / 40% unités de compte…).

 

 

-       La deuxième étape consiste à opter pour une option d’arbitrage. C’est une option souvent facultative. Le souscripteur n’est pas obligé d’y adhérer.

 

ALLOCATION TACTIQUE

 

s Le souscripteur doit déterminer les conditions de l’option choisie (seuil de déclenchement en cas de stop loss, montant de l’investissement régulier en cas d’investissement progressif…).

s Le gestionnaire doit conseiller son client en prenant en compte la conjoncture financière et économique.

 

 

-       La troisième étape est souvent réalisée par les gestionnaires de patrimoine. Tout dépend des connaissances financières du client.

 

LE CHOIX DES SUPPORTS FINANCIERS

 

s Le couple rentabilité-risque peut être analysé. On peut utiliser divers outils financiers comme la volatilité ou encore le ratio de Sharpe.

 

 

3.1.2/ Les outils financiers pour évaluer et mesurer un fonds

 

 

-       Les styles de fonds : 

 

On distingue principalement deux styles de fonds :

 

-       Les fonds de type croissance appelé aussi growth

-       Les fonds de type valeur appelé value

 

Un titre de croissance désigne une entreprise enregistrant une croissance régulière et soutenue de son activité. A l’inverse, un titre de valeur désigne une entreprise n’ayant pas forcément une forte croissance de son activité mais celle-ci procure aux investisseurs une visibilité et une régularité de ses dividendes.

 

Ces deux styles vont évoluer différemment sur le marché.

 

Les fonds de type croissance se comportent bien en phase de marchés haussiers. Par contre, ils souffrent lorsque les marchés baissent.

 

Les fonds de type valeur affichent des performances moins importantes en phase de marchés haussiers mais souffrent beaucoup moins en phase de marchés baissiers.

 

C’est pourquoi les investisseurs doivent opter pour une diversification de leurs actifs en terme de styles mais aussi en termes de zones géographiques, de secteurs d’activité, de taille de capitalisation boursière.

 

 

 

-       Mesurer un fonds

 

¨     Observer les performances d’un fonds sur plusieurs années

 

Les compagnies d’assurance indiquent généralement aux investisseurs les performances antérieures des différents fonds. Mais attention « les performances passées ne préjugent pas des performances à venir ».

 

Pour un même fonds, il est important de vérifier les performances sur une, deux, trois années voire plus.

 

Exemple :

 

Un fonds affiche une performance de + 20% en 2008.

Ce même fonds a perdu 13% en 2007 et 8% en 2006.

 

Observons sa performance non pas sur une année mais sur trois.

Celle-ci est de – 1 % sur trois ans.

 

Le fait de regarder le comportement des fonds pendant les périodes de baisse des marchés est plus révélateur.

 

 

¨     Comparer les fonds d’une même catégorie entre eux

 

De même, il est important de regarder les performances des fonds similaires afin de vérifier la tendance générale. En effet, un fonds peut afficher une performance négative mais être cependant le meilleur de sa catégorie.

 

Exemple :

 

Un investisseur s’intéresse au fonds A. Celui-ci affiche une performance négative de 8%.

 

Les fonds B et C appartiennent à la même catégorie que le fonds A. Leurs performances sont respectivement de -14% et -20%.

 

Malgré des résultats négatifs, le fonds A a donc été le meilleur de sa catégorie.

 

 

¨     Comparer la performance du fonds avec celle du marché

 

L’investisseur peut également comparer la performance de son fonds avec celui du benchmark. Benchmark signifie indice de référence en français. La performance d’un OPCVM se compare à celle d’un benchmark. L’indice CAC 40 sert généralement d’indice de référence à des fonds investis en actions françaises.

 

On remarque souvent que la performance d’un fonds est liée en partie à la performance du marché sur lequel il est investi.

 

Exemple :

 

Le fonds A réalise une performance de 20 % en 2008.

 

Hypothèse 1 : Le marché sur lequel il est investi affiche une performance supérieure atteignant les 28%. Le fonds A n’a donc pas accompli une performance exceptionnelle.

 

Hypothèse 2 : La performance du marché est de + 15%. Le fonds A a apporté à l’investisseur une valeur ajoutée de 5% par rapport au marché. C’est une sur performance.

 

 

¨     Utiliser les notions de rentabilité et de volatilité

 

La finance s’organise autour de deux axes :

 

 

Pour mesurer la performance d’un titre, il faut être capable de caractériser son degré de risque et son niveau de performance.

 

Le taux de rentabilité est un indicateur de la rentabilité du titre. Celui-ci exprime l’accroissement relatif de la richesse liée à la possession du titre entre deux dates t et t-1 qui constitue la période de référence.

 

 

 

rt = rentabilité

Pt = prix à l’instant t

Dt = dividende versé par le titre entre t-1 et t

 

La volatilité va caractériser la faculté d’un titre à réagir plus ou moins fortement aux informations relatives au marché.

 

 

 

ri = rentabilité en i

r = rentabilité moyenne sur la période

 

Si un titre réagit fortement à une information nouvelle, sa volatilité va être élevée. Plus un titre est volatil, plus le risque va être important. A l’inverse, un titre dont la volatilité est faible va entraîner un risque quasiment nul.  Les pertes potentielles avec un titre peu volatil sont donc moins importantes.

 

 

¨     Les agences de notation :

 

Il existe sur le marché plusieurs agences de notation : Standard and Poor’s (S&P), Lipper, Morningstar… Leurs principaux objectifs sont de noter et classer les fonds.

 

On distingue deux types de notation :

 

-       la notation qualitative

-       la notation quantitative

 

La notation quantitative est établie à partir de données chiffrées. Les agences s’appuient sur les performances passées.

 

Par exemple, chez Morningstar, les fonds qui ont obtenu les meilleures performances sur un laps de temps déterminé sont notés cinq étoiles. Cette agence tient compte également de la volatilité des fonds. La distribution des étoiles s’effectue de la façon suivante :

 

-       5 étoiles pour les 12,5 % des fonds les mieux classés ;

-       4 étoiles pour les 20 % des fonds suivants ;

-       3 étoiles pour les 35 % des fonds suivants ;

-       2 étoiles pour les 20 % des fonds suivants ;

-       1 étoile pour les 12,5 % restant.

Standard and Poor’s fonctionne de la même manière pour évaluer les fonds mais la distribution des étoiles est différente :

-       5 étoiles pour les 10 % des fonds les mieux classés ;

-       4 étoiles pour les 20 % des fonds suivants ;

-       3 étoiles pour les 20 % des fonds suivants ;

-       2 étoiles pour les 25 % des fonds suivants ;

-       1 étoile pour les 25 % restant.

 

 

La notation qualitative s’attache davantage à évaluer le processus de gestion du fonds, le gérant et la société de gestion. Les agences de notation procèdent à une évaluation des méthodes de travail, les risques de conflit d’intérêts, l’équipe dirigeante…

 

Chez Standard and Poor’s, le fonds est alors noté de AAA à A. Morningstar a mis en place une notation qualitative allant de A à F.

 

 

- Formules mathématiques : 

 

Il existe des formules mathématiques permettant de choisir les supports d’investissement.

 

Calcul de la répartition actif en euro/unités de compte :

 

 

Selon Daniel HAGUET, EDHEC Nice

 

Exemple :

 

Capital investi : 100 000 €

 

Revenu annuel souhaité : 5 000 €   (F)

 

Durée de placement : 10 ans  (T)

 

Rendement de l’actif en euros : 4%  (r)

 

Le souscripteur doit investir 40 554 € sur le fonds euros, le solde 59 446 € sur un support en unités de compte pour avoir la meilleure efficience du rendement.

 

3.2/ Utilisation de l’assurance vie après la crise boursière

 

3.2.1/ Les conséquences de la crise actuelle

 

 

Concernant le choix du support d’investissement :

 

En 2008, les compagnies d’assurance ont annoncé des taux de rendement de 4 % en moyenne sur les supports en euros.

 

Cf. Annexe 1 : « taux de rendement des fonds en euros en 2008 »

 

Le tableau récapitulatif ci-joint en annexe répertorie 148 fonds en euros, distribués par 47 organismes d’assurance (Compagnies d’assurance, Etablissements bancaires).

 

On relève des taux de rendement inférieurs à 4% dans 10% des cas seulement. Ce qui représente une quinzaine de fonds.
Seuls trois établissements, Le Conservateur, Dexia Epargne Pension et Axeria Vie, mettent en avant une rémunération supérieure à 5 %.
La tendance actuelle à la baisse des taux doit se confirmer en 2009. Cependant cette situation n’est pas considérée comme préoccupante dans la mesure où les portefeuilles des divers établissements sont investis majoritairement sur des supports obligataires (obligations d’Etat, obligations d’entreprises).

Les organismes recherchent désormais la rentabilité de leurs placements à des niveaux de risque moins élevés.

D’après l’article de l’Agefi Actifs, les obligations représentent 65% du portefeuille des Compagnies, le monétaire 10%, les actions 10%, le reste étant constitué principalement par de l’immobilier ou des OPCVM diversifiés.

 

 

La baisse du taux du livret A et des produits à court terme devrait stimuler la collecte d’assurance vie en 2009, dont le niveau était en baisse de 8 % fin janvier 2009 par rapport au même mois de l’année précédente.

 

La FFSA a d’ailleurs annoncé pour le premier mois de l’année que la collecte nette (cotisations diminuées des prestations), bien qu’en très légère baisse par rapport à celle de janvier 2008, est positive et s’établit à 5,7 milliards d’euros, soit le montant le plus élevé au cours de ces douze derniers mois.

3.2.2/ L’importance des options d’arbitrage

 

 

Tableau récapitulatif des différentes options d’arbitrage présentées dans la deuxième partie de ce mémoire.

 

 

 

Options d’arbitrage

 

 

Fonctionnement

 

Ecrêtage des plus values

 

Transférer une partie de l’épargne acquise :

- soit sur un support en euros (sécurisation)

- soit sur un support en unités de compte (dynamisation)

 

 

Arrêt des moins-values / Stop Loss

 

Déterminer un seuil représentant le pourcentage maximum de baisse accepté. Lorsque le seuil est atteint, la compagnie d’assurance modifie les supports d’investissement du contrat en quittant le marché actions pour se diriger sur un fond sécuritaire.

 

 

Lissage régulier des investissements

 

Permet de lisser les variations éventuelles que peuvent subir les cours.

Le versement initial est placé en totalité sur un fonds en euros.

A période régulière, on investit sur un fond plus risqué.

 

 

Le rebalancement

 

Ramener systématiquement la pondération des classes d’actifs à leur valeur d’origine.

Avantage = contrôle du risque.

 

 

Achat Ressort

 

 

Profiter de la baisse des marchés pour investir et bénéficier d’une reprise future des supports choisis par le souscripteur lui-même

 

 

Gestion par profil

 

Le souscripteur peut choisir une stratégie d’investissement parmi l’une des trois orientations possibles :

 

- Prudent (privilégier la conservation du capital / orientation vers des fonds sécuritaires)

- Equilibré (chercher des classes d’actifs offrant une certaine visibilité)

- Dynamique (orientation vers des fonds risqués / nécessité de prendre des risques pour obtenir des rendements supérieurs)

 

 

Garantie plancher

 

Protéger l’épargne investie sur le contrat d’assurance en cas de décès uniquement.

En cas de décès de l’assuré, l’option va garantir aux bénéficiaires de percevoir au minimum le capital investi par le souscripteur.

 

 

 

Les options d’arbitrage sécurisent l’investissement. Dans certains cas, l’option permet de limiter les pertes en cas de baisse des marchés. Elle peut aussi garantir un capital acquis. Enfin, certaines d’entre elles s’adressent aux souscripteurs ayant une aversion au risque plus ou moins importante.

 

 

En période de crise, les options d’arbitrage peuvent se révéler être très efficaces. En effet, elles garantissent aux clients une certaine sécurité :

 

-       sécuriser les plus-values

-       limiter les pertes en cas de baisse des marchés

-       garantir un capital minimum en cas de décès de l’assuré

 

 

Toutefois, toutes les compagnies d’assurance ne fournissent pas l’ensemble de ces options. De plus, elles sont généralement proposées différemment dans chaque compagnie. Le souscripteur doit donc demander le maximum de renseignements aux assureurs concernant le fonctionnement de l’option souhaitée.

 

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